Albares appelle à l’unité au Congrès contre la Russie : « On ne négocie pas sous la menace »

Le ministre assure que si Moscou avance sur l’Ukraine, les alliés répondront par un train de mesures « massif, énergique et crédible ».

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José Manuel Albares, ce mardi, au Congrès.EPE

Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a demandé mardi à toutes les forces parlementaires d’imiter les partenaires de l’Union européenne et de s’unir au gouvernement pour défendre l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Ukraine face à la Russie. Le ministre a averti ceux qui rejettent les mesures prises jusqu’à présent par le bloc des pays occidentaux, dont l’Espagne, qu' »il n’est pas possible de négocier sous la menace ».

Et la menace, c’est précisément ce que le ministre des Affaires étrangères et ses homologues communautaires perçoivent depuis Moscou, engagé dans un déploiement et un mouvement massifs de troupes aux frontières ukrainiennes. Quelque chose qui, selon Albares, n’est rien de plus qu’une « pression » évidente de Moscou sur Kiev.

Le ministre des Affaires étrangères insiste sur le fait que les partenaires de l’Otan et de l’Union européenne sont « complètement unis » face à cette situation de tension, et la stratégie qu’ils entendent déployer passe par une première phase, celle en cours, de dialogue doublée d’une effort de « dissuasion » avec lequel il est prévu de faire comprendre à Vladimir Poutine qu’une attaque contre l’Ukraine entraînera un « coût énorme ».

De cette façon, l’objectif est d’amener la Russie à s’abstenir de prendre toute mesure qui menace la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine. Albares a assuré que, si nécessaire, les alliés répondraient par un train de mesures « massif, énergique et crédible », bien qu’il refuse d’en donner des détails pour le moment.

Un dialogue « constructif et franc »

Avancer et prendre de nouvelles mesures dans cette stratégie ne dépend que des décisions prises par Moscou, comme Albares l’a déclaré devant la Commission des affaires étrangères du Congrès des députés. C’est sur le toit de Moscou que l’Espagne place toute la responsabilité de la situation actuelle.

« No es una situacin que nosotros hayamos buscado, pero es la situacin a la que tenemos que hacer frente », ha recalcado el ministro, para quien las demandas rusas son « inaceptables », « violan la legalidad internacional » y son una « amenaza para la paix ». A savoir : isoler l’Ukraine de l’Occident en bloquant l’élargissement de l’OTAN et consacrer une zone de contrôle militaire dans l’ancien territoire soviétique.

L’Espagne insiste cependant sur la nécessité de maintenir un dialogue « constructif et franc » qui assure la détente et la paix. Pour le moment, le gouvernement espagnol, comme le reste de ses partenaires européens, n’envisage pas de scénario d’évacuation de ses ressortissants résidant en Ukraine. Le ministre insiste pour que les voies du dialogue restent ouvertes et que pour l’instant les liaisons aériennes et les frontières terrestres fonctionnent normalement.

Ce que l’exécutif maintient, c’est la nécessité de renforcer le déploiement des troupes à l’étranger conformément aux demandes reçues des alliés et dans le « respect absolu » des autorisations parlementaires prévues par la loi sur la défense nationale, qui prévoit un maximum de 3 000 soldats déployés simultanément en mission à l’étranger.

« L’Espagne vient toujours »

Le déploiement a jusqu’à présent eu lieu sur le territoire de l’OTAN et dans les eaux internationales, mais pas en Ukraine, qui n’est pas membre de l’Alliance. « Ces décisions sont notre engagement pour la sécurité européenne, qui est notre propre sécurité. L’Espagne vient toujours quand c’est nécessaire », a-t-il insisté.

Albares a souligné que les contacts entre alliés sont continus et a insisté sur le fait que le dialogue ne peut prospérer que sur la base de la reconnaissance que l’Ukraine est un État souverain qui détermine librement sa politique étrangère et sa défense.

Ne pas accepter cette approche va à l’encontre de la légalité internationale et de toute « négociation de bonne foi ». « L’ordre international basé sur les zones d’influence », comme le prétend Moscou, « n’a pas sa place au XXIe siècle ».

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