Deux arrêtés, cinq Ertzainas blessés et vingt jeunes battus lors d’affrontements entre radicaux et Ertzaintza

Les partisans de GKS ont tenté d’empêcher la police basque de faciliter l’expulsion d’un hôtel occupé à Legutio (lave)

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Les jeunes radicaux harcèlent une ertzaina qui se défend avec le bouclier à côté de l’hôtel occupé.Leire MartinPRESSE ARABE

Une centaine de jeunes sympathisants des groupes regroupés sur la plateforme Gazte Koordinadora Sozialista (GKS) ont affronté des membres de la brigade mobile Ertzaintza qui accompagnaient une délégation judiciaire pour récupérer un hôtel occupé à Legutio (lave). Le GKS avait formé dès le matin un « mur humain » devant les locaux utilisés illégalement depuis 2019. Les jeunes savaient qu’à partir de 11h00 l’Ertzaintza viendrait avec les serruriers et ils ont lancé des pétards sur la police anti-émeute . Dans les troubles, deux jeunes de 18 et 21 ans ont été arrêtés, une vingtaine – selon les manifestants – ont été battus par l’Ertzaintza et cinq agents ont également été blessés.

Une centaine de jeunes nationalistes s’étaient rassemblés depuis tôt le matin devant ce « quartier général communiste » formant un « mur humain » et avec la présence de différents groupes à des carrefours stratégiques de la commune. Des membres de la brigade mobile sont restés à 9 heures du matin en attendant l’intervention à seulement 300 mètres, sur l’une des routes qui relient Legutio aux rives du réservoir d’Urrunaga.

L’Ertzaintza avait déployé un gros dispositif avec une dizaine de camionnettes du Brigade mobile et plusieurs voitures de patrouille ont circulé à la fois à l’intérieur de la ville et sur les routes qui entourent cette municipalité d’Alava située à 15 kilomètres au nord de Vitoria.

Lorsque, vers 11 heures, les policiers ont protégé les serruriers pour accéder aux locaux occupés, les affrontements ont commencé. Les jeunes radicaux ont lancé des pétards et se sont affrontés avec la police anti-émeute. Les affrontements verbaux ont laissé place aux deux interpellations tandis que l’Ertzaintza a facilité la reprise des lieux.

Selon la jeunesse de GKS, quatre ou cinq personnes sur les vingt blessées par l’Ertzaintza doivent subir des radiographies et l’une d’elles souffre d’un traumatisme crânien. Les organisateurs de la manifestation affirment que cet hôtel appelé « Desjabetuon hotela, zentro sozialista » constitue un espace social pour les jeunes. « Cela a été un espace essentiel qui a développé la conscience de classe et a permis d’entreprendre et de s’organiser en faveur du projet communiste », ont-ils souligné à travers Gedar, le canal de communication habituel des partisans du GKS. Ce groupe a multiplié sa présence politique et sociale au cours de la dernière année, menant divers affrontements avec des membres de ernaila jeunesse de la gauche Abertzale.

Depuis leur naissance, ils se disent « communistes » et remettent en question la stratégie de la « Gauche Abertzale officielle » représentée par Sortu et personnalisée en Arnaldo Otegi. GKS accuse par ailleurs la gauche d’Abertzale de les empêcher de participer aux festivités locales avec la mise en place de txosnas, des stands festifs de vente de boissons qui permettent de financer toutes sortes de groupes. La gauche abertzale a traditionnellement utilisé ces lieux festifs pour socialiser son projet politique auprès des plus jeunes et obtenir des ressources sans aucun contrôle fiscal. Les groupes locaux de GKS ont organisé des manifestations dans plusieurs municipalités telles que Lazkao et se sont même enfermés dans le commune d’Hernani pour le refus des commissions du parti contrôlées par EH Bildu de faciliter l’installation de leurs txoznas.

De plus, des membres de GKS et des sympathisants d’Ernai en sont venus aux mains dans deux querelles de rue à Saint-Sébastien sans faire de blessés mais dans un climat de tension entre les deux groupes qui s’est réchauffé dans chacune des fêtes locales qui se multiplient pendant les mois d’été à Euskadi et Navarre.

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