La Conférence épiscopale prévient que la nouvelle loi sur l’avortement est une « ligne rouge en termes de civilisation »

Les évêques estiment que la réglementation menace « la nouvelle vie » qui se développe « au sein des femmes » et soulignent qu’ils ne participeront pas à l’enquête du Médiateur sur la pédérastie

Jean-Joseph
Piscine

La Église estime que le contenu du projet de Loi organique pour la protection des droits sexuels et reproductifs menace « la vie nouvelle » qui se développe « dans le sein des femmes » qui décident d’avorter. Le texte, qui Gouvernement entend approuver mardi en Conseil des ministres, envisage que les femmes de plus de 16 ans puissent interrompre leur grossesse sans autorisation parentale.

En réunion avec la presse pour présenter le rapport annuel d’activités, le secrétaire général de la Conférence épiscopale, Louis Argello, a assuré qu’il s’agit d’une réglementation qui ne tient pas compte des critères « scientifiques » qui considèrent l’embryon conçu comme une « vie différente » de celle de la mère. Argello estime que l’orientation générale du texte atteint « une ligne rouge en termes de civilisation ».

« Il y a un droit du fort contre le faible lorsqu’on décide d’éliminer une nouvelle vie », a ajouté le porte-parole des évêques espagnols. Le Président de la Conférence, Juan José Omellaa déploré le manque d’aides publiques pour « les femmes qui ne veulent pas avorter ».

Les plus hauts représentants du Saint-Siège en Espagne Ils ont également abordé les enquêtes sur les affaires de pédophilie ouvertes en Espagne. Concrètement, ils ont pris leurs distances avec la participation à celle initiée par le Défenseur du peuple. « Nous lui accorderons une totale collaboration, mais nous ne voyons pas clair pour entrer car nous ne pouvons pas être juge et partie. »

Omella et Argello ont tous deux défendu la réaction de l’Église espagnole en cas d’abus. Ils ont précisé qu’au cours des 20 dernières années, 250 cas d’ecclésiastiques ont été envoyés au Saint-Siège et qu’ils enquêtent sur des plaintes datant de plus de 30 ans dans lesquelles les auteurs présumés « sont déjà décédés et ne peuvent pas se défendre ».

Monseigneur Argello a mené une réflexion quantitative à l’initiative du Congrès pour demander des informations sur les enquêtes en cours. « La procureur a notifié qu’il y a 69 cas ouverts dans toute l’Espagne qui affectent la sphère religieuse, alors qu’au total il y en a 15 000″ correspondant à d’autres situations : « Que le siège de la souveraineté nationale ne s’intéresse » qu’à ce qui affecte l’Église « nous inquiète « , a souligné Argello, qui croit toujours que la responsabilité de l’institution religieuse est « qualitative ».

Le président de la Conférence épiscopale a également défendu l’intervention du papa Francisco dans la guerre de Ukraine, dont les efforts ont été qualifiés de « chapeau bas ». Omella considère que le pape « n’est pas équidistant dans sa condamnation de la criminalité de l’invasion », bien qu’il souligne que le langage utilisé à certaines occasions vise à « chercher une solution » au conflit.

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