Le dernier avion espagnol atterrit à Madrid après avoir sauvé 2 206 personnes de l’enfer des talibans

Les 82 soldats, quatre diplomates et 20 policiers chargés du sauvetage ont été accueillis par des applaudissements

Départ de l'avion des derniers évacués par l'Espagne de Kaboul.
Départ de l’avion des derniers évacués par l’Espagne de Kaboul.PIERRE-PHILIPPE MARCOUAFP

Les derniers Espagnols qui ont mis le pied à Kaboul, le contingent qui a consacré toutes les heures cette semaine aux évacuations de civils dans la capitale afghane, se trouvent en Espagne. A 19h25 ce jeudi après-midi, ils ont atterri sur la base militaire de Torrejón, après avoir contribué à un effort humanitaire historique : le sauvetage de milliers d’Afghans après le retour au pouvoir des talibans.

Ils ont été chargés de chasser du pays ceux qui fuyaient le retour au pouvoir du radicalisme islamique conservateur. Ils y sont parvenus avec 2 206 personnes, pour la plupart des collaborateurs de l’armée espagnole pendant deux décennies de présence militaire en Afghanistan et leurs familles. Beaucoup de femmes et beaucoup d’enfants. Il n’a pas été possible de tous les amener, mais maintenant une deuxième phase s’ouvre dans laquelle les États-Unis et l’OTAN chercheront comment poursuivre les évacuations, quitte à négocier avec le régime taliban.

La mission espagnole a été reçue par le président du gouvernement, Pedro Sánchez, le ministre de la Défense, Margarita Robles, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande Marlaska, et le ministre de l’Immigration, José Luis Escrivá, sur l’échelle à pied. Après que tout le monde est sorti de la piste, où ils ont pu renouer avec leurs familles, Sánchez et les autres membres de l’exécutif, le propre personnel de l’avion les a longuement applaudis.

Depuis le 19 août dernier, avec les 53 premiers réfugiés, 11 vols ont atterri en Espagne. Aujourd’hui, en attendant que la communauté internationale trouve un moyen de poursuivre cette mission humanitaire, la dernière est arrivée avec 195 personnes à bord.

Parmi eux 82 soldats espagnols ; l’ambassadeur en Afghanistan, Gabriel Ferrán ; son « numéro deux », Paula Sánchez, et deux autres personnes de l’ambassade ; qui ont été les premiers à tomber ; 20 membres du Corps de la police nationale (13 GEO et 7 de l’Unité d’intervention de la police) ; 85 collaborateurs afghans, 16 avec l’Espagne, 50 de l’OTAN et 19 du Portugal), et quatre militaires portugais qui sont montés dans l’avion à la dernière minute.

Une circonstance qui montre qu’il s’agit d’une opération avec d’importants éléments d’imprévisibilité, ouverte à tout moment. Ils ont quitté Kaboul à bord de deux avions militaires qui ont atterri à Dubaï à 6h45 du matin le premier et à 7h20 le second. Ils s’y sont reposés quelques heures jusqu’à ce qu’un avion d’Air Europa les amène à Madrid. Ils ont parcouru le même chemin que les milliers d’Afghans qu’ils ont secourus.

Pour des raisons de sécurité, le gouvernement n’a signalé le départ du contingent espagnol de Kaboul que lorsqu’il était déjà à Dubaï. Mais hier le retour de l’opération devait être imminent, après les deux attentats et d’autres pays confirmant son départ.

Dans tous les cas, le retour n’aurait pas été retardé de plusieurs heures de plus car le délai fixé par les États-Unis pour quitter l’aéroport a expiré le 31 août et l’administration Biden avait fait savoir aux alliés qu’elle avait besoin d’installations exclusives pour son propre fonctionnement, d’évacuer ses soldats et tout son matériel.

Retrouvailles entre les militaires et leurs familles.
Retrouvailles entre les militaires et leurs familles.MARÉCHALEFE

Seuls les personnels navigants des deux avions militaires qui rentreront dimanche en Espagne restent aux Emirats arabes unis, en l’occurrence à l’aéroport militaire de Saragosse.

Le gouvernement et, fondamentalement, le ministère de la Défense et le ministère des Affaires étrangères, ont retenu leur souffle ces jours-ci pour qu’il n’y ait pas de victimes espagnoles dans « l’enfer » de Kaboul. C’était une opération risquée, comme l’ont confirmé les deux attentats d’hier aux abords de l’aéroport. Un combat contre le temps pour sauver le plus grand nombre du désespoir.

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