Le juge refuse de rendre à Villarejo ses agendas et demande à la police de vérifier si le commissaire a contacté Mariano Rajoy

Le juge d’instruction considère que le commissaire « a accès aux ordres du jour » et peut les consulter comme le reste des parties en personne.

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Jos Manuel Villarejo, à l’audience.NGEL NAVARRÈTE
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  • Le commissaire Villarejo déclare au juge que Rajoy avait « un intérêt direct » dans « l’opération Cuisine » et que des messages s’échangeaient sur son mobile

Le juge de la Cour nationaleManuel Garca-Castelln il a refusé de rendre au commissaire à la retraite Jos Manuel Villarejo ses agendas personnels, qui comprendront un numéro de téléphone de contact pour l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy. Par ailleurs, le magistrat a demandé à l’Unité des Affaires Intérieures (UAI) de vérifier si Villarejo avait un message avec le chef populaire via différents terminaux.

Dans une voiture datée du 19 juillet, à laquelle il a eu accès Europe Presse, le chef du tribunal central d’instruction numéro 6 rejette la demande de la défense de Villarejo, qui a demandé le 9 juillet que « l’original » de ses agendas personnels ou une copie numérique lui soient restitués, arguant qu’ils étaient « essentiels » pour se défendre et pouvoir « collaborer et continuer à fournir des données précises ».

Le magistrat rappelle que, dans la présente affaire, Villarejo « a accès aux ordres du jour, il n’y a donc aucune limitation concernant son droit à la publicité, pouvant les consulter sur un pied d’égalité avec toute autre partie, comme cela a été fait ».

Par ailleurs, Garca-Castelln soutient que « dans la mesure où les agendas peuvent servir, incidemment, à l’éclaircissement des faits instruits, ils doivent être « conservés par le tribunal lui-même » pour le procès oral, sans pouvoir accéder au retour  » demandé par le commissaire.

Caractère « intime et personnel »

Dans l’écrit que votre avocat, Antonio José Cabrera, référé au juge, il a été avancé que « comme son cerveau, son journal intime » ne pouvait être « supprimé comme un lobotome afin qu’il ne puisse pas » « s’en souvenir » et ainsi pouvoir se défendre.

Sa représentation faisait alors allusion au caractère « intime et personnel » du carnet, « reflet écrit de sa mémoire » qui ne pouvait « constituer ni l’objet ni l’instrument du crime mis en examen ».

Mais le juge rappelle qu’il correspond à la phase sommaire « d’effectuer tous les actes visant à préparer le procès et pratiqués pour connaître et constater la perpétration des crimes avec toutes les circonstances pouvant influer sur leur qualification, et la culpabilité des contrevenants , en veillant à leurs personnes et à leurs responsabilités pécuniaires « .

Dans cette ligne, le magistrat rappelle que la « doctrine constitutionnelle oblige le juge à vérifier que la demande d’instance répond, d’une part, à la présupposition d’exception et, d’autre part, limite son objectif à la collecte d’éléments factuels essentiels, sans lesquels la pratique ne peut être le jugement de typicité sur lequel se fonde l’accusation ».

Les messages avec Rajoy

De même, le juge de l’Audiencia Nacional s’engage à siéger à l’UAI afin d’effectuer toutes les démarches appropriées pour vérifier l’existence de communications entre les lignes téléphoniques fournies par Villarejo. Le commissaire à la retraite a lui-même fourni jusqu’à cinq numéros différents à partir desquels il aurait échangé des messages avec Rajoy lorsqu’il était à la tête de l’exécutif.

Le 2 août, dans sa déclaration à Garca-Castelln, Villarejo a souligné qu’à un moment donné, ils lui avaient fourni des numéros de téléphone de Rajoy lui-même qu’il utilisait pour communiquer avec lui par le biais de messages.

Ce contact direct, a-t-il souligné, est dû au fait que le Président du Gouvernement n’a pas fait confiance aux informations que lui a transmises le ministère de l’Intérieur sur les Fonctionnement de la cuisine et voulait un autre canal de communication.

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