Le PNV demande à Pedro Snchez de former un groupe d’experts pour enquêter sur la pédérastie dans l’Église

Les Basques dénoncent « l’inaction » de la direction ecclésiastique mais refusent de rejoindre une commission parlementaire

Pierre S
Pedro Sánchez et Juan José Omella.PISCINE / MONCLOA

Le PNV a annoncé sa décision d’exiger que le gouvernement crée un groupe d’experts indépendants pour enquêter sur les cas d’abus sexuels contre des mineurs commis par des membres de l’Église catholique et soumettre ensuite un rapport au Congrès des députés. Les nationalistes ont présenté cette demande à l’exécutif de Pedro Sánchez au vu de la « gravité des faits connus » et de « l’inaction de l’institution catholique ».

Les nationalistes basques enregistreront leur initiative à la Chambre basse, comme on pouvait s’y attendre en tant que proposition de non-loi, et avec elle, ils se dissocient de celle déjà présentée par United We Can, ERC et Bildu demandant la création d’une commission d’enquête parlementaire qui jette faire la lumière sur ce qui s’est passé et purger les responsabilités.

La demande de ces trois formations aura le soutien de Ciudadanos, comme l’a expliqué cette semaine son porte-parole Edmundo Bal, tandis que le PSOE, jusqu’à présent réticent à des propositions similaires par rapport à ce dossier, reste dans le doute. Le PP pour sa part a déjà montré son opposition à l’initiative.

Le PNV « regrette » l’attitude de l’Église espagnole qui jusqu’à présent, et malgré les recommandations expresses du pape François, a refusé de mener une enquête interne approfondie sur ce qui s’est passé et, dans de nombreux cas, a tenté de dissimuler ce qui s’est passé.

Le modèle français et allemand

Cette formation avance que la formule du groupe d’experts est la « plus utile et appropriée » pour mener une enquête approfondie et sérieuse sur les cas de pédérastie dans l’Église, fuyant le « pimpampum » dans lequel les commissions d’enquête deviennent entachées de parlementaires. par des divergences idéologiques et des querelles politiques.

La proposition vise à imiter le modèle mis en œuvre dans des pays comme la France et l’Allemagne qui, de l’avis du nationalisme basque, est le « plus respectueux » des victimes et le plus approprié compte tenu de la gravité des événements et de l' »extrême sensibilité » à que cette question devrait être traitée.

En Espagne, la dernière victime à avoir rendu son cas public est l’écrivain Alexandre PigeonsNadal Award 2018, qu’il a révélé dans une interview au Être en chaîne les abus qu’il a subis de la part d’un prêtre de l’école La Salle de Premi de Mar alors qu’il avait entre huit et neuf ans.

Après ces révélations publiques, La Salle a annoncé l’ouverture d’une enquête sur le prêtre enseignant, aujourd’hui nonagénaire, afin de savoir s’il y a eu d’autres victimes. Alejandro Palomas, pour sa part, a demandé au président du gouvernement par le biais d’un message sur Twitter de donner la parole aux cas d’abus de l’Église. Pedro Sánchez a promis de tenir une réunion la semaine prochaine avec les victimes.

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