Le PSOE renonce à la déclaration institutionnelle condamnant l’ETA après s’être mis d’accord avec le PP

Pablo Casado accuse les socialistes de « blanchir Otegi pour se mettre d’accord sur les budgets » et prévient qu' »il n’y a rien d’accord avec eux »

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  • Une analyse Les faits qui démentent les propos d’Otegi : hommages aux membres de l’ETA, meurtres non élucidés et justification du terrorisme

Le PSOE a abandonné son idée initiale de présenter en séance plénière du Sénat un texte en guise de déclaration institutionnelle pour condamner la « violence de l’ETA » au motif que la question a été politisée, bien qu’ils préfèrent ne pas pointer directement à aucune formation politique.

Les socialistes avaient préparé un projet de cette déclaration institutionnelle à présenter aux groupes parlementaires à l’occasion du 10e anniversaire de la fin des violences de l’ETA. Cette déclaration a eu quelques éclaircissements de la part du PP à la suite des déclarations d’Arnaldo Otegi ce lundi sur la « douleur » des victimes, mais sans condamner l’ETA.

Le porte-parole de la populaire au Sénat, Javier Maroto, pacte avec le porte-parole socialiste, Eva Granados, les termes de la déclaration et était satisfait du résultat, selon des sources parlementaires. Ce sera donc le refus de Bildu de signer le texte qui a poussé le PSOE à le retirer. Pas en vain, les déclarations institutionnelles doivent être approuvées à l’unanimité.

« Plusieurs groupes entendent apporter des éclaircissements sur le contenu de ce projet et nous comprenons qu’une interprétation partisane de l’affaire a été entrée », précisent des sources socialistes à ce journal.

Après ce retournement de situation, le PP a adressé aux médias sa proposition de déclaration institutionnelle, qui réitère « la condamnation du terrorisme de l’ETA, pour réaffirmer que le terrorisme de l’ETA n’a jamais eu de justification ».

Le PP a dénoncé quelques heures auparavant que les paroles d’Arnaldo Otegi aux victimes de l’ETA sont totalement insuffisantes, et c’est pourquoi il allait promouvoir une déclaration institutionnelle qui comprend la condamnation expresse de l’organisation terroriste et une reconnaissance que la violence n’a jamais dû être produit.

C’est ce qu’a annoncé mardi matin Maroto, qui a profité de l’anniversaire de la fin de l’ETA pour dissiper la « confusion » sur la mesure prise par Bildu en exprimant qu’il « sent » la douleur des victimes et « ne devrait pas s’est passé. »

La déclaration institutionnelle que le PSOE a promue au Sénat réitère également « la condamnation du terrorisme de l’ETA, qui n’aurait jamais dû se produire », et reconnaît « les dégâts qu’il a causés » avec ses attentats, mais les socialistes ont finalement décidé de la retirer.

Le président du PP, Pablo Casado, a répondu à la démission du PSOE par un message clair sur Twitter : « Le PSOE blanchit Otegi pour se mettre d’accord sur les budgets. Bildu doit condamner le terrorisme, rejeter les hommages à l’ETA et collaborer avec clarifier les 300 crimes de l’ETA toujours impunis. Il n’y a rien d’accord avec eux.

Parallèlement, au Congrès, la porte-parole parlementaire Cuca Gamarra a enregistré une proposition de non-loi dans laquelle elle exige que le gouvernement exclue de tout type de pacte les forces qui ne condamnent pas expressément le terrorisme de l’ETA, une exigence qui renvoie directement à Bildu, ainsi qu’à comme accordant aux attentats de l’ETA d’être considérés comme des crimes contre l’humanité afin qu’ils ne prescrivent pas et ne contrôlent pas les pouvoirs pénitentiaires transférés, sans exclure la possibilité qu’ils puissent être renvoyés, dans le cas où ils protègent un traitement favorable pour les prisonniers du gang .

Maroto a profité du fait que la Chambre haute prépare une déclaration institutionnelle pour annoncer deux addenda qu’elle considère comme des demandes. Dans le cas contraire, il ne sera pas approuvé, car il requiert l’unanimité. « Soit Bildu condamne toutes les actions terroristes de l’ETA et dit que cela n’a jamais eu de sens, soit il n’y aura pas de déclaration institutionnelle et chacune sera reflétée dans le miroir de la vérité », a expliqué le sénateur.

Mais la vérité est que le porte-parole du PP « craint » que sa déclaration n’ait pas lieu, car elle sera arrêtée par les socialistes ou les abertzales. « Et nous arrêterons de tomber malades », a-t-il tranché. Mais la vérité est que le texte du PSOE contient la même condamnation que celui du PP.

Les populaire ce qu’ils veulent, c’est mettre en scène Bildu, puisque le passage d’Otegi lui apparaît comme une mise en scène. Ce que demande Maroto est plus clair : « Une condamnation sans palliatif. « Nous allons voir si Bildu signe ou non un texte qui condamne le terrorisme de l’ETA. » « Si vous le signez, nous aurons passé cet écran. » Et si la proposition du PP ne réussit pas, ce sera parce que le PSOE « est du côté de Bildu », a-t-il dit.

« Vous devez éviter le parti de la confusion entre Otegi et Sánchez : je vous blanchit et vous votez pour moi. Devis, c’est le jeu », a déclaré Maroto. « C’est pourquoi notre groupe va empêcher cette Assemblée de jouer sur les mots. »

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