Pedro Snchez relance son gouvernement avec une pluie de millions d’euros

Le président met en scène la nouvelle étape du gouvernement anticipant plus de 7 000 millions de fonds européens

Image du nouveau gouvernement, ce mardi.
Image du nouveau gouvernement, ce mardi.PRESSE EUROPE

Dans la salle de presse du Conseil des ministres, il n’y a aucune couverture. Il est difficile de recevoir des appels et vous n’avez internet que si vous êtes connecté au réseau Wi-Fi. Isabel Rodríguez, nouvelle ministre de la Politique territoriale et porte-parole du gouvernement, a consulté ce mardi, lors de sa première, son mobile. Aucun message n’est arrivé, pas de dernière minute. Son souci était surtout de savoir s’il y avait des nouvelles concernant Cuba.

C’était jour d’ouverture, pour prendre position, pour découvrir. Personne ne lui a dit qu’il devait se connecter au Wi-Fi pour pouvoir recevoir des messages de ses collègues du cabinet au cas où quelque chose d’important se produirait ou qu’une clarification ou une annonce serait nécessaire. Gajes du premier jour.

Le nouveau gouvernement de Pedro Sánchez a vécu mardi son lancement officiel. Première réunion de cabinet au cours de laquelle le Premier ministre a voulu démontrer le changement de rythme qu’il entend. Sánchez veut sortir de la scène de la crise socio-sanitaire. Changer le Gouvernement pour que le citoyen l’identifie à la relance, à l’emploi, à l’investissement.

Et il n’a pas perdu de temps sur sa feuille de route. Le Conseil des ministres a approuvé des investissements publics d’un montant de 7 116 millions d’euros au titre des fonds européens, pour des questions telles que les véhicules électriques, l’éducation ou la réhabilitation des logements.

L’arrivée des fonds

Il s’agit d’un investissement plus qu’important : le Projet Stratégique de Relance et de Transformation Economique (PERTE) du Véhicule Électrique et Connecté représente un investissement public de 4 300 millions entre 2021 et 2023, auquel s’ajoutent 1 185 millions d’euros pour la politique éducative, de dont 1 097 millions, issus du Mécanisme de Relance et de Résilience (MRR), seront investis dans la numérisation, les programmes de renforcement pédagogique et les Cellules d’Accompagnement et d’Orientation pour la prochaine rentrée scolaire. Enfin, 1 631 millions pour la réhabilitation de logements et de bâtiments publics entre les communes, Ceuta et Melilla pour cette 2021.

Une injection d’argent public importante surtout, car c’est ce mardi, enfin, que les ministres de l’Économie et des Finances de l’UE (Ecofin) ont donné leur feu vert au Plan de relance de l’Espagne, en même temps que celui de 11 autres pays.

En l’absence d’une série de démarches administratives et de paperasses, qui pourraient prendre quelques semaines, la Moncloa espère que les premiers 9 000 millions d’euros arriveront dans les caisses publiques fin juillet ou début août. Selon les prévisions, d’ici la fin de l’année, 10 milliards supplémentaires arriveront. Ce mardi, en une seule fois, 7 000 millions de ces fonds européens ont déjà été utilisés.

Le Gouvernement, afin de ne pas attendre cette approbation définitive des fonds, a provisionné dans les budgets généraux de l’État pour 2021 la somme de 27.000 millions à titre d’avance de fonds européens, afin de pouvoir approuver différents postes liés à le plan de relance qui a été envoyé à Bruxelles. Enfin, cette année, l’Espagne recevra 8 000 millions de moins de l’Europe que prévu.

« Pour changer la vie des gens »

« Ces accords vont beaucoup améliorer et changer la vie des gens », tel est le slogan que l’Exécutif veut désormais transférer. Que les fonds européens servent à retirer la crise et même le « conflit politique » avec la Catalogne du centre du débat et concentrent le message que les améliorations vont parvenir au citoyen. Qu’ils seront palpables.

C’est ainsi que Rodrguez a souligné, dans ses débuts en tant que porte-parole, en expliquant les 1.631 millions pour la réhabilitation des logements : « Ce sont des projets pour améliorer nos quartiers. Pour changer la vie et l’image des villes petites et moyennes. »

Le but de l’Exécutif dans cette deuxième partie de la législature est d’essayer de renouer avec la société après le détachement généré par la crise sociale et sanitaire de la pandémie de coronavirus et la gestion de celle-ci par le Conseil des ministres, où la société a été reprochée. parfois les manquements au pacte de gouvernement ou le retard des mesures sociales, comme la loi Trans -déjà approuvée- ou la loi sur le logement -a bloquée-.

« Aujourd’hui, nous commençons à écrire une histoire de réussite », avec ce message euphorique, Reyes Maroto, ministre de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme, a résumé le changement de rythme. « Nous sommes dans un autre moment, où l’arrivée des fonds européens nous fait envisager l’avenir avec optimisme », a ajouté Rodrguez.

Il s’intéresse à une reconfiguration de l’action du Gouvernement dans un continuum de son remodelage. C’est le message que Sánchez lui-même a transmis à ses nouveaux ministres : ils sont en Conseil des ministres pour prendre en charge la relance économique anticipée et afficher une nouvelle image, plus rajeunie et connectée à la rue – d’où l’incorporation de trois maires socialistes.

Nouveau « communicateur »

Cette nouvelle étape concerne non seulement l’action gouvernementale, mais aussi la communication. Sánchez souhaite également rénover cette parcelle afin de donner plus de poids politique au secrétaire d’État à la Communication. Ainsi, dans les prochains jours, le départ de Michel-Ange Olivier, qui exerce cette fonction depuis l’arrivée de Sánchez à La Moncloa en 2018.

Sa marche s’est renforcée surtout après les changements de présidence, fondamentalement avec les adieux d’Ivn Redondo, le chef de cabinet de Sánchez, dont il dépend.

Le nom choisi pour soulager Oliver est, à ce jour, celui de Francesc Valls, ancien député du PSC au Congrès. Cela coïncidait déjà avec l’actuelle porte-parole de l’Exécutif, Isabel Rodrguez, au sein du groupe parlementaire socialiste, où il est venu intégrer la direction de celui-ci en tant que secrétaire général adjoint. Sa nomination impliquerait la prétention de Sanchez de donner à ce poste un profil plus politique.

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