Plus de trois ans de calvaire judiciaire de l’émérite pour les aveux indiscrets de Corinna à Villarejo

En mars, le parquet a définitivement classé l’enquête sur les avoirs au large du monarque.

Don Juan Carlos à Abu Dhabi.
Don Juan Carlos à Abu Dhabi.Lucas BrunoPA

« Des indications non concordantes qui permettent d’adresser des reproches pénaux à sa majesté M. Juan Carlos de Bourbon et Bourbon, Il convient d’accepter d’ouvrir la procédure d’instruction ». Avec cette déclaration, l’épreuve judiciaire du monarque émérite a pris fin le 2 mars. Le parquet de la Cour suprême a décrété le non-lieu de son enquête préliminaire sur les avoirs étrangers de la personne qui a été pendant 40 ans chef de l’Etat.

Tout a commencé lorsque l’ancien ami proche de don Juan Carlos, Corinna Larsen, dites au commissaire José Manuel VillarejJ’ai entendu l’ancien président de Telefnica, Jean Villalonga, les affaires cachées du roi. Cet aveu indiscret a conduit le Parquet anti-corruption à ouvrir une enquête en décembre 2018 pour un délit de corruption en entreprise pour les commissions présumées inculpées pour le travail pharaonique de l’AVE à La Mecque.

De là, deux alertes du renseignement financier espagnol, du Service de prévention du blanchiment d’argent (Sepblac), mettent le monarque dans les cordes pour les cadeaux reçus du milliardaire mexicain. Allen Sangins Krause et pour lui faites confiance à la JRM 2004, articulée à travers deux autres structures financières opaques créées par l’ancien ami proche du monarque, l’homme d’affaires Manuel Prado et Colon de Carvajal.

En décembre 2020, Don Juan Carlos, défendu par l’avocat Javier Sánchez-Junco, J’ai pris le Parquet de pied ferme lorsqu’il a régularisé 678 393 euros devant l’Agence des Impôts pour les dons reçus de Sangins-Krause. Le roi a ainsi évité d’être accusé de fraude fiscale contre le fisc espagnol après avoir perdu son statut inviolable avec son abdication le 19 juin 2014.

Après cette première régularisation, en février 2021, la seconde arriverait. A cette occasion, l’émérite, grâce à la financement participatif ses amis proches, ont volontairement versé à l’administration fiscale près de 4,4 millions d’euros pour des voyages et des cadeaux reçus via le Fondation Zagatkapropriété de son cousin Ivaro d’Orléans. Une fois de plus, le roi a réussi à se débarrasser d’une plainte des procureurs de la Cour suprême avec ce paiement au Trésor.

Malgré cela, le dépôt de son acte d’instruction n’aura lieu qu’un an plus tard. En partie, en raison des efforts du ministère public pour qu’une affaire aussi délicate « ne soit pas faussement close » et aussi en raison du retard du procureur suisse Yves Bertosa de livrer la documentation requise sur les comptes de Zagatka.

Pendant plus de trois ans, Anticorruption et le bureau du procureur de la Cour suprême ont enquêté de manière approfondie sur les avoirs du monarque, en s’appuyant sur des experts du ONIF (Office National de Recherche sur les Fraudes)prenant les déclarations de ceux qu’ils considéraient comme leurs figures de proue présumées – De Orleans, Krause et le colonel de l’Air Force, Nicolas Murga Mendoza– et émettant des commissions rogatoires dans le monde entier pour détecter le patrimoine au large du roi.

D’autre part, l’enquête menée sur le monarque a déclenché des tensions internes au sein du bureau du procureur général de l’État où Dolorès Delgado a brusquement décidé d’arracher les enquêtes à l’Anticorruption pour finalement nommer co-instructeur de la procédure, avec le défunt Jean Ignace Campos au même procureur général de ce département, Alexandre Luzn.

Tensions internes à Fiscala

Les ennuis de Delgado dans cette enquête sont moins connus. Par exemple, que l’ancien ministre a proposé en vain aux procureurs de l’équipe d’enquête d’envisager de prendre une déclaration de l’émérite. Le procureur général a rencontré une réponse négative, car ses subordonnés lui ont dit que le ministère public manquait de couverture réglementaire pour convoquer Don Juan Carlos dans le cadre de la procédure préliminaire.

De plus, au fur et à mesure que les enquêtes progressaient, les responsables de l’enquête ont commencé à voir de plus en plus clairement qu’il n’allait pas être possible de porter plainte devant la deuxième chambre de la Cour suprême contre le monarque car une grande partie de la des actes attribués à Juan Carlos de Bourbon ont été prescrits et bien d’autres ont été commis lorsque le roi était protégé par le manteau de l’inviolabilité. Pas en vain, la jurisprudence de la Haute Cour exige qu’il y ait des preuves solides de criminalité à l’encontre des expertisés avant d’ouvrir une affaire pénale à leur encontre.

À ce moment-là, la procureure générale a proposé qu’au lieu d’une plainte, une plainte soit déposée pour les actes prétendument criminels et, encore une fois, elle s’est heurtée au rejet des procureurs de la Cour suprême qui estimaient qu’ils se ridiculiseraient si, après plus de deux ans d’enquête, une plainte générique a été déposée sur des faits qui avaient fait l’objet d’une enquête approfondie.

La fin de l’histoire est connue de tous. En mars dernier, après les avoir laissés dans un tiroir pendant plus de vingt jours, Delgado a décidé de notifier les décrets de dépôt de l’enquête sur l’émérite. L’épreuve judiciaire pour l’émérite dans son pays était terminée et son retour temporaire en Espagne était ainsi pavé. Son vœu le plus cher pendant deux ans d’exil aux Emirats Arabes Unis.

Avec ce scénario, le roi n’est parti que depuis que cette femme d’affaires allemande malveillante qui l’a mis dans le pétrin avec la justice espagnole ne gagne pas la bataille qui se livre au Royaume-Uni, où elle l’a poursuivi pour harcèlement présumé.

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