Puigdemont dit de rester en Belgique s’il perd son immunité et annonce une action en justice contre le Parlement européen

« Je reste en Belgique. La justice belge doit décider de l’extradition vers l’Espagne. Mais si l’immunité est levée, nous ferons appel à la Cour de justice de l’UE à Luxembourg », a-t-il annoncé.

Puigdemont, à la fin de la campagne

Puigdemont, à l’issue de la campagne électorale catalane
Quique Garcia Efe

L’ancien président de la Generalitat et actuel député européen Carles Puigdemont assure qu’il restera en Belgique au cas où le Parlement européen retirerait son immunité lundi et ferait appel devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

«Je reste en Belgique. La justice belge doit décider de l’extradition vers l’Espagne. Mais si l’immunité est levée, nous nous tournons vers la Cour de justice de l’UE à Luxembourg », déclare Puigdemont dans une interview au quotidien autrichien Die Presse.

Le Parlement européen votera le lundi 8 mars s’il lève l’immunité aux députés de JxCat Puigdemont, Toni Commun et Clara Ponsat, tsuite à la demande sollicitée par la Cour suprême.

La session plénière sera prononcée après la commission des affaires juridiques – chargée d’analyser les demandes de pétition – voter maintenant en faveur du retrait de l’immunité.

En cas de ratification de cette décision, Puigdemont, Comn et Ponsat resteront députés européens, mais Ils pourraient réactiver les Eurorders de la justice espagnole, actuellement suspendu parce que tous les trois bénéficient désormais de l’immunité parlementaire.

Crime de sédition et détournement de fonds

La Cour suprême réclame les trois eurodéputés pour une crime de sédition, et aussi à Puigdemont et Comn, pour un autre de détournement de fonds.

Puigdemont soutient dans l’entretien que la procédure au Parlement européen était « plein d’irrégularités » car « en cas de persécution politique, l’immunité ne doit pas être levée ».

«Le président de la commission juridique est du parti des citoyens pro-espagnols, qui a fait campagne contre notre entrée au Parlement européen. Nos trois cas ont été regroupés malgré les différentes accusations. Et l’orateur est un ultra bulgare, ami de Vox. Il ne s’agit pas de moi, mais de la crédibilité du Parlement européen », déclare le leader indépendantiste.

Certains des principaux groupes du Parlement européen, comme le populaire ou le libéral Renew Europe, ont déjà avancé que votera en faveur de la levée de l’immunité des députés indépendantistes et une grande majorité du groupe social-démocrate devrait le faire également.

Si la demande se poursuit en séance plénière, Puigdemont, Comn et Ponsat peuvent déposer un recours auprès de la CJUE, mais cela ne paralysera pas le retrait de l’immunité.

Puigdemont critique à nouveau la justice en Espagne, où il considère que n’aura pas un procès équitable, et défend la nécessité d’une médiation internationale.

« Il n’y aura pas de procès équitable »

«La justice ne doit pas être confondue avec la justice espagnole. Nous n’avons pas la possibilité d’un procès équitable là-basNous l’avons en Belgique, en Allemagne », dit-il.

Dans le cas de la médiation internationale, il soutient: «Le gouvernement a utilisé des médiateurs internationaux pour négocier avec les terroristes de l’ETA. Pourquoi n’avons-nous pas les mêmes droits? Est-ce parce que nous ne mettons pas de bombes mais des urnes dans les rues? « 

Lorsqu’on lui demande s’il existe une alternative à l’indépendance, Puigdemont répond que d’autres propositions comme l’autonomie fiscale de la Catalogne ils ne sont même pas soulevés par le gouvernement espagnol.

« Très souvent au cours des dernières décennies Nous avons demandé notre propre administration fiscale et rien ne s’est passé. Ce n’est pas même après trois ans d’oppression qu’une telle proposition se présente. Et au Parlement espagnol, il n’y aura de toute façon pas de majorité pour l’autonomie fiscale de la Catalogne. Nous ne pouvons tout simplement pas faire confiance à l’Espagne », conclut-il.

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