Sánchez prolonge de 2024 à 2029 le délai pour que l’Espagne atteigne l’investissement dans la Défense engagé auprès de l’OTAN

Porter l’objectif au Congrès pour que l’augmentation des dépenses militaires se fasse sous l’égide d’un pacte d’État

Pierre S
Pedro Sánchez, au sommet.Lavande Jr.EFE

L’Espagne ne couvrira pas les dépenses militaires engagées envers l’OTAN avant huit ans. Les plans de Pedro Sánchez incluent de commencer dès maintenant à augmenter les investissements dans la défense et de les achever en 2029, cinq ans après l’échéance fixée par les alliés il y a dix ans et qu’ils ont réaffirmée lors de ce sommet à Madrid.

L’objectif est de consacrer 2% du PIB de chaque pays à la Défense. Il a été approuvé en 2014, il devrait être atteint en 2024 et l’Espagne va ne pas s’y conformer. Les gouvernements successifs, y compris l’actuel, n’ont jamais été confrontés à une augmentation des dépenses militaires, de sorte que l’Espagne occupe la dernière position dans l’ensemble de l’OTAN, seulement devant le Luxembourg, qui ne dispose pas d’une véritable armée.

Selon les statistiques de l’Alliance, l’Espagne consacre 1,01 % de son PIB à la Défense, soit un peu plus de 13 000 millions d’euros, et devra porter ce montant au-dessus de 20 000 millions. Dans l’exercice en cours, les dépenses budgétées sont de 10 150 millions, bien que des extensions de crédit s’y soient ajoutées, en fonction des besoins. Le président du gouvernement, pour le moment, n’a pas précisé quelle pourrait être l’augmentation qui est incluse dans le projet de budget général de l’État pour 2023.

Sánchez, lors de sa comparution à la fin du sommet de Madrid, a expliqué qu’il porterait cet objectif d’augmentation des dépenses au Congrès. Être l’un des éléments clés de ce qui est censé être une proposition de pacte d’État ou « d’accord de pays », comme le président préfère l’appeler. L’autre élément fondamental sera, comme on pouvait s’y attendre, l’engagement pris avec le président américain, Joe Biden, d’accueillir deux nouveaux destroyers américains sur la base navale de Rota.

Pour mener à bien ce pacte, Sánchez peut tenir pour acquis le soutien du premier parti d’opposition, le PP, et même celui de Vox et Ciudadanos, mais pas celui de son partenaire gouvernemental minoritaire, United We Can, ni celui des indépendantistes. et les formations minoritaires de gauche qui le soutiennent habituellement au Congrès.

Malgré tout, le président s’est dit confiant de pouvoir élargir le cadre de soutien pour que la politique de sécurité et de défense, face aux nouvelles menaces qui pèsent sur les démocraties occidentales, fasse l’objet d’un consensus qui, a-t-il dit, « transcende les idéologies ». « Nous », a-t-il assuré, en référence au PSOE, « nous sommes très clairs là-dessus et c’est ainsi que nous allons le défendre au Parlement ». Selon lui, il est temps « d’avancer en révisant nos postulats et nos décisions politiques », dans un message clair adressé principalement à ses partenaires de coalition.

L’engagement de porter les dépenses de défense à 2 % du PIB vient de loin. Il a été signé par le gouvernement de Mariano Rajoy en 2014 à l’occasion du sommet de l’OTAN qui s’est tenu au Pays de Galles. Désormais, Sánchez le réitère au sommet de Madrid alors que les alliés sont contraints de faire un énorme effort pour soutenir l’Ukraine face à l’invasion russe, au renforcement du flanc oriental de l’Alliance et à la modernisation de ses capacités.

L’accord de 2014 comportait trois objectifs, dont l’Espagne en a rempli deux : la participation aux missions et opérations de l’OTAN et l’investissement en matériel et équipement. Il n’en va pas de même avec le budget alloué à la défense. « C’est l’engagement qui reste en suspens », a déclaré le président.

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