Sanctionner un gardien pour avoir dit à un supérieur qu’il était le pire manager depuis des années

La Cour suprême a confirmé la sanction imposée à l’agent car cette peine n’est pas protégée par la liberté d’expression

Agents de la Garde civile en opération
Agents de la Garde civile dans une opération en Biscaye.ARABA PRESS | PATXI CORRAL

« Nous vous considérons comme le pire réalisateur du Secteur ces dernières années. » Cette phrase, prononcée par un garde civil en réunion avec un supérieur, n’est pas protégé par la liberté d’expression, selon la Cour suprême, qui a confirmé la sanction infligée à l’agent pour une infraction mineure.

Dans un arrêt rendu en juillet dernier, la chambre militaire du tribunal de grande instance ratifie la sanction de perte de trois jours d’actifs avec suspension des fonctions pour violation du régime disciplinaire de la garde civile, qui comprend comme délit mineur « l’inconsidération ou l’inconduite avec les supérieurs dans l’exercice des fonctions, à l’occasion d’eux ou le port d’un uniforme ».

La rencontre, qui a eu lieu en 2018, était la rencontre semestrielle du chef de secteur avec les différentes associations professionnelles de l’institut armé.

Neuf représentants y ont assisté et, au nom de l’Association unifiée des gardes civils (AUGC), il était désormais de garde sanctionné, qui à son tour a déclaré, « d’un ton de voix normal », comme le dit la phrase : « Nous vous considère comme le pire réalisateur du Secteur ces dernières années. »

Le commandement a répondu qu’il ne se souciait pas de ce que son association pensait de lui et le lendemain il a ouvert un rapport disciplinaire.

Dans son recours devant la Cour suprême, le gardien a défendu que sa peine devait être considérée comme protégée par son droit à la liberté d’expression, notamment lorsqu’il participait à la réunion représentant son association.

Mais la Haute Cour confirme qu’il est une faute mineure et, en fait, cela indique qu’il a été « honorablement » sanctionné.

« L’action de l’appelant constitue un mépris flagrant et un manque de respect pour tout collègue, et plus important encore, un supérieur hiérarchique », soulignent les magistrats.

La loi organique qui réglemente les droits et devoirs de la Garde civile, rappelle la Cour, reconnaît le droit à la liberté d’expression des agents, mais précise qu’« en matière de service ou en rapport avec l’Institution » ce droit est soumis aux limites fixées par la discipline et le devoir de neutralité et de réserve politique et syndicale.

Les règles qui régissent le corps, expliquées dans la phrase, cherchent à prévenir les comportements qui nuisent à la discipline, à la cohésion et à la camaraderie.

De l’avis de la Cour suprême, les propos de la personne sanctionnée « sont manifestement offensants et humiliants en remettant en cause la capacité professionnelle » d’un supérieur et, du point de vue subjectif, ils ont cherché à « porter atteinte à la considération, à la bonne réputation et prestige » de la même.

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