Unanimité au Congrès contre l’embardée de Sánchez dans la Shara

Treize partis de tous bords demandent au président de comparaître et d’expliquer sa nouvelle position sur l’ancienne colonie espagnole

Yolande D.
Yolanda Daz, mercredi dernier au Congrès des députés.EFE
  • partenaires de la coalition Yolanda Díaz accuse Pedro Sánchez d’avoir « enfreint » le « mandat du pays » avec son changement « radical » de position sur la Shara
  • polypropylène Feijo accuse Sánchez de gouverner de manière « despotique » et « autiste » pour avoir brisé le consensus sur la Shara

le embardée sur la Shara a laissé le PSOE seul au Congrès. Toutes les formations politiques s’interrogent plus ou moins sur le fond et les manières dont l’exécutif, à la surprise même d’une partie de celui-ci, a décidé d’orienter la politique étrangère espagnole vers l’ancienne colonie et de mettre ainsi fin à 46 ans de neutralité en ce qui concerne son autonomie.

Un tournant injustifiable pour la quasi-totalité de l’arc parlementaire, qui demande des éclaircissements. Jusqu’à 13 groupes -le Parti Populaire, Citoyens, ERC, EH Bildu, PNV, JxCat, PDeCAT, BNG, CUP, Mme Pas, Comproms, Nueva Canarias et Coalicin Canaria- ont enregistré à la Chambre basse des demandes de comparution pour que Pedro Sánchez explique et détaille la raison de cette manœuvre et pourquoi il n’a pas informé ses partenaires gouvernementaux ou l’opposition du changement historique de critères de notre pays, qui a conduit à un rapprochement avec le Maroc après que Sánchez se soit aligné sur les thèses de Rabatet la méfiance envers l’Algérie, l’un de nos principaux fournisseurs d’énergie, à un moment d’extrême sensibilité du fait de la guerre.

Toutes ces interrogations seront exprimées dès cet après-midi au Sénat, où des groupes comme le PP ou ERC ont modifié leurs questions et s’adresseront au Gouvernement en séance de contrôle pour détailler les causes de cette embardée. Ainsi, la seule comparution à sa demande prévue demain au Congrès pour s’expliquer, celle du ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, est insuffisante pour pratiquement tous les partis politiques présents à la Chambre basse, y compris ceux qui soutiennent le gouvernement actuel dirigé par le PSOE, et qui ont exprimé hier leur irritation face au manque d’informations sur une décision d’une telle ampleur et d’un tel calibre. Tout le monde considère que le président doit être responsable devant la Plénière. Une apparition qui, pour la faire coïncider avec celle après la célébration de la Conseil européenpourrait se tenir au plus tôt mercredi prochain, le 30 mars.

Dans United We Can, il est également considéré que Sánchez devrait assister de sa propre initiative et expliquer les clés qui ont conduit l’Espagne à changer de position, ce qui, aux yeux de Yolanda Díaz, est une incohérence de la part de Sánchez. Le deuxième vice-président a accusé hier le chef de l’exécutif de ne pas respecter le pacte gouvernemental, de prendre des décisions de manière opaque et de prendre ses distances avec les résolutions des Nations unies qui reconnaissent le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, avec un virage radical qui n’a été signalé à aucun moment à United We Can.

Cependant, Díaz a de nouveau exclu que cette tension – ainsi que les fissures ouvertes au sein de l’exécutif par l’envoi d’armes à l’Ukraine et l’augmentation des dépenses de défense – pourraient finir par faire quitter United We Can du Conseil des ministres. Qui est incohérent est celui qui, sans donner d’explications, change de position. Ce qui manquerait à ce pays serait une telle irresponsabilité, a tranché hier le vice-président.

Échec du consensus

Cependant, Podemos doit à nouveau faire face à ses contradictions s’il reste au gouvernement. Le sentiment qui demeure dans le parti est que le PSOE, jour après jour, piétine l’accord de gouvernabilité. Dans l’air flotte le doute permanent quant à la conformité des socialistes, comme l’a déclaré hier la co-porte-parole nationale violette, Isa Serra, qui considère que ces divergences dénotent le rapprochement de Sánchez avec le PP.

Bien au contraire, c’est précisément l’avis du Parti populaire, qui considère que le PSOE s’est éloigné en quelques jours des propositions défendues par le principal parti d’opposition. Alberto Nez Feijo estime que le gouvernement est dans un état d’effondrement, après avoir rompu le consensus sur la Chara, et en pleine crise énergétique, avec la campagne, la pêche et les transporteurs sur le pied de guerre. Je n’ai jamais vu un gouvernement aussi autiste, qui commet erreur sur erreur et par arrogance, ai-je assuré hier dans un acte en La Coroue.

Pour le futur leader du PP, Pedro Sánchez gouverne de manière despotique et irresponsable. En ce sens, il s’est dit attristé que personne n’ait encore informé le principal parti d’opposition des nouveaux critères en raison du statut de la Shara. Nous l’avons appris par le Maroc, s’est-il plaint. Le gouvernement, à son avis, a rompu les ponts avec le PP dans ce domaine. Pour Feijo, il est très difficile de prendre au sérieux un gouvernement qui ne prend pas un pays au sérieux. Il n’a même pas informé son gouvernement, a-t-il dit, faisant référence au fait que Sánchez n’a pas informé United We Can du tournant étranger.

La première chose, en politique internationale, c’est de savoir où l’on veut aller et Sánchez n’en a aucune idée, dit-il, pour sa part, Georges Buxad. Le porte-parole de Vox Political Action estime que la nouvelle tournure prise par Sánchez vise à éviter que l’accent ne se repose sur d’autres questions dont l’exécutif est responsable : Nous n’allons pas tomber dans le piège que tend Sánchez pour que nous commencions à parler de la Shara et non ce qui inquiète toutes les familles, à savoir le prix du carburant et de l’électricité. Pour cette raison, et malgré la critique de la décision adoptée par l’exécutif comme le reste des partis, Vox a décidé de ne pas demander la comparution du président du gouvernement.

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